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Léon Spilliaert

  • mercredi 28 décembre 2016
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  • Dans le DP en

Léon Spilliaert
(1881-1946)

Le peintre belge Léon Spilliaert est de ces figures solitaires dont l’œuvre, intime et mystérieuse, hante longtemps celui qui la contemple. Tout au long de sa carrière, il développe et invente une graphie qui lui est propre, bien au-delà du symbolisme.

Un autodidacte nourri de lectures

Léon Spilliaert naît à Ostende en 1881. Enfant, déjà, on le dit taciturne. Plus tard, c’est à la nuit tombée qu’il arpentera seul les rues désertes de la cité balnéaire. Inlassablement, comme pour y forger sa vision mélancolique de la nature et des êtres. Ostende sera son port d’attache, et concentrera ses sujets de prédilection : lui-même et la Mer du Nord.

C’est presque en autodidacte qu’il commence à peindre. Entre 1899 et 1900, il fréquente brièvement l’Académie de Bruges. Sa véritable formation est littéraire. Grand lecteur, il se passionne pour Nietzsche (dont il fera plusieurs portraits imaginaires), Schopenhauer, Chateaubriand, Lautréamont et Poe, qui est l’un de ses auteurs favoris. Il sera par ailleurs un proche du poète Émile Verhaeren et illustrera les œuvres complètes de Maeterlinck.

En septembre 1902, Léon Spilliaert commence à réaliser des illustrations pour l’éditeur bruxellois Edmond Deman. Cette rencontre est décisive. Chez lui, il découvre les œuvres de James Ensor, Fernand Khnopff et Théo Van Rysselberghe, qu’il décrit comme « une des plus fortes impressions de [s]a vie. »

Léon Spilliaert peindra à sa manière - sans huile, ni toile. Il préfère les crayons de couleur, l’encre, l’aquarelle, le lavis, le papier et le carton. C’est ainsi qu’il va jeter le trouble dans l’art de son époque.

Peindre le fantastique réel

Symboliste de la dernière génération, Léon Spilliaert va faire la transition entre le symbolisme et le surréalisme, en mariant l’abstrait et l’insolite. Ses lignes géométriques oniriques évoquent aussi bien le japonisme et les Nabis que les futurs Magritte et Chirico.

Toutes ses toiles sont empreintes d’un doux mystère et d’une inquiétante étrangeté : les lieux semblent abandonnés, les plages sont infinies et désertées, les mers sombres et insaisissables, les figures humaines spectrales ou vacillantes. Parfois, la perspective s’étire, fantasmée, jusqu’à estomper le réel.

On dirait que Léon Spilliaert se met au travail à l’heure où l’obscurité enveloppe le monde d’incertitude, révélant son regard rêveur et angoissé. Chaque toile semble alors fonctionner comme un paysage mental, en réponse à ses tourments. Ces fascinants autoportraits en seront l’expression la plus aboutie.

Autoportraits en miroir

La pratique de l’autoportrait est centrale dans l’œuvre de Léon Spilliaert. Elle traduit son évolution artistique et humaine, dans une quête psychologique et spirituelle.

Entre 1903 et 1908, Léon Spilliaert exécute des dizaines d’autoportraits, qui sont autant de visions introspectives complexes et hallucinées. Il représente sa physionomie tourmentée, en jouant de la lumière pour dessiner sa part d’ombre, oscillant constamment entre séduction et répulsion.

Au fil des ans, il démultiplie son image sous la forme d’un moi monstrueux et terrifiant, que l’œil semble interroger du fond de son orbite. Certains de ses autoportraits ne sont pas sans évoquer les distorsions d’Edvard Munch ou de Francis Bacon, tant ils se situent à la limite de la figuration.

Après la Guerre de 1914-1918, Léon Spilliaert revoit sa palette - moins sombre, plus claire et décorative. Bien qu’il retrouve le littoral, il dit de lui-même « J’ai perdu la magie ». Il retrouve un dernier souffle à la vue des collines recouvertes de bruyère et d’arbres solitaires, qu’il peindra de façon presque obsessionnelle jusqu’à la fin de sa vie. Celui qui se décrivait comme « inquiet et fiévreux » sera rattrapé par la souffrance physique et mourra d’un ulcère à l’estomac. Sa nuit intérieure et silencieuse marque encore l’art du XXème siècle.


Sources

Article dédié Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_Spilliaert
Article dédié Dictionnaire des peintres belges
http://balat.kikirpa.be/peintres/Detail_notice.php?id=4869
Galerie des œuvres conservées aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique
https://www.fine-arts-museum.be/fr/la-collection/artist/spilliaert-leon-1?letter=s
Galerie des œuvres sur Wikiart
https://www.wikiart.org/en/leon-spilliaert
Œuvre commentée : Digue de nuit (1908)
http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/oeuvres-commentees/arts-graphiques/commentaire_id/digue-la-nuit-22752.html?cHash=9b869e5698
Œuvre commentée : Autoportrait au crayon rouge (1908)
http://www.muzee.be/collectie.jsp?null&lang=fr


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