Calendrier de l'avent du domaine public - 2014/2015

Qui s’élèvera dans le domaine public en 2017 ?
Chaque jour de décembre, découvrons le nom d’un auteur dont les œuvres entreront dans le domaine public le 1er janvier 2017.

À propos
↧↧

Accueil > Entrants 2015 > Vassily Kandinsky

Vassily Kandinsky

  • mercredi 31 décembre 2014
  • /
  • Dans le DP en 2015

En 2015, nous sommes gâtés : deux des figures majeures de l’abstraction s’élèvent dans le domaine public, rejoignant Kasimir Malevitch, qui y figure depuis 2005. Il s’agit de Piet Mondrian, que nous vous présentions le 16 décembre et de Vassily Kandinsky, avec qui nous concluons en couleurs ce calendrier de l’avent du domaine public 2014-2015.

Né en Russie en 1866, Vassily Kandinsky est un artiste européen, sa carrière s’étant principalement déroulée entre son pays natal, l’Allemagne et la France, dont il adopte la nationalité à la fin de sa vie. Issu d’une riche famille de négociants, il reçoit une éducation soignée et érudite : destiné à une carrière de juriste, il entreprend des études de droit à Moscou. C’est lors d’une exposition consacrée à l’art moderne français en 1895 qu’il connait le choc esthétique devant la série des Meules de Monet. C’est la révélation : l’année suivante, Kandinsky s’installe à Munich pour se former à la peinture. La ville est alors très active dans le domaine des arts et Kandinsky en devient un acteur de premier plan : il participe à la fondation de plusieurs groupes d’avant-garde comme Phalanx (1901) et Blaue Reiter (1911).

Durant ses années de formation, Kandinsky montre un intérêt particulier pour le travail de Cézanne, Braque et Picasso et s’intéresse notamment à la question de la fragmentation géométrique. Par ailleurs, il partage avec les Fauves une passion pour la couleur, à laquelle il attache un grand symbolisme. Enfin, il garde un héritage fort de l’art populaire russe et de l’imagerie traditionnelle, son « capital mythique ». Très lettré, Kandinsky accorde une grande place à la poésie et à la musique dans sa création. Il s’agit d’autant de sources qui nourriront sa réflexion et accompagneront son passage progressif vers l’abstraction, dont il est l’un des principaux incitateurs. Car Kandinsky ne verse pas tout de suite dans cette esthétique : son abandon du sujet est le résultat d’une longue quête artistique et intellectuelle, qui prend forme autour de 1910-1914 dans trois séries de tableaux : les Impressions, les Improvisations et les Compositions. À travers ces cycles d’œuvres, Kandinsky s’affranchit progressivement de la contrainte de la représentation pour livrer un ressenti plus personnel de ce qui l’entoure et exprimer des images surgies de son inconscient (sa « nature intérieure »). Pour cela, il met en place un langage autonome fait de plans, de couleurs et de lignes, aux valeurs symboliques fortes. L’ouvrage qu’il publie en 1912 Du spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier, livre les clés théoriques essentielles à la compréhension de son œuvre.

[…] Je vivais déjà à Munich, je fus ravi un jour par une vue tout à fait inattendue dans mon atelier. C’était l’heure du jour déclinant. Après avoir travaillé sur une étude, je venais de rentrer chez moi avec ma boîte de peinture […] lorsque j’aperçus un tableau d’une indescriptible beauté baignée de couleurs intérieures. Je commençais par me renfrogner, puis me dirigeai droit sur cette œuvre énigmatique dans laquelle je ne voyais rien d’autres que les formes et des couleurs dont le sens me restait incompréhensible. Je trouvais instantanément la clef de l’énigme : c’était un de mes tableaux posé de côté contre le mur. Le jour suivant, je voulus reproduire l’impression à la lumière du jour. Mais je n’y parvins qu’à demi : même de côté, je reconnaissais sans cesse les objets, et il y manquait le subtil glacis du crépuscule. Je savais à présent très exactement que l’objet était nuisible à mes tableaux.


 [1]

Si les œuvres de Mondrian et de Malevitch relèvent de l’abstraction géométrique, Kandinsky développe un autre type d’abstraction, que les historiens de l’art désignent sous le terme d’« abstraction lyrique ». Fondée sur l’émotion, elle développe un langage qui s’appuie sur la symbolique des formes et des couleurs et présente des équivalences avec la musique et notamment avec les œuvres de Wagner (que Kandinsky admire) et de Schönberg, artisan du dodécaphonisme.

« Créer une œuvre, c’est créer un monde »

En 1922, Kandinsky est invité à enseigner au Bauhaus, l’école fondée par Walter Gropius en 1919. C’est une période essentielle de sa vie, pendant laquelle il mène d’importantes réflexions et publie beaucoup (notamment Point et ligne sur plan, en 1926). Le cadre est fécond : il fréquente quotidiennement Paul Klee, Oskar Schlemmer, Moholy-Nagy et peint deux œuvres majeures de sa création : Composition VIII (1923, Musée Guggenheim, New-York) et Jaune, rouge, bleu (1925, Musée d’Art moderne, Centre Pompidou, Paris).

Face à la montée du nazisme, Kandinsky s’exile à Paris : il adoptera la nationalité française en 1939. En France, l’art abstrait n’est guère à la mode. Kandinsky fréquente les groupes d’avant-garde et notamment les surréalistes. Il se lie à Miró, Max Ernst, André Breton, Arp. Durant les dernières années de sa vie, il synthétise son œuvre antérieure et réintègre progressivement quelques éléments de figuration dans ses toiles, des formes biomorphiques inspirées des organismes microscopiques.

L’art abstrait est le plus difficile de tous. Pour pouvoir s’y adonner, il faut être un bon dessinateur, avoir une grande sensibilité pour la composition et les couleurs et, c’est le plus important, être un authentique poète.


 [2]

Le Centre Pompidou à Paris conserve la plus importante collection d’œuvres de Kandinsky, conséquence du legs du fonds d’atelier, effectué par son épouse Nina Kandinsky en 1976 et 1980. En hommage, la bibliothèque du musée porte le nom du peintre.


Article Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Vassil...


C'est permis !

Visiter le Centre Pompidou pour photographier les œuvres de Kandinsky, accompagné d’une playlist des musiciens qui l’ont inspiré : Wagner, Schoenberg (attention, il faudra encore attendre sept ans avant que les œuvres de ce dernier entrent dans le domaine public !).


[1Regards sur le passé et autres textes, Kandinsky, 1912 – 1922.

[2Journal des poètes, Kandinsky, 1931.


JPEG - 3.5 ko
Retour en haut